Nous avons une feuille de route pour les 3 années à venir.

Transport Info : Présentez-nous l’entreprise que vous dirigez.

Jean-Stéphane Prévoté : Notre groupe familial emploie 570 salariés et s’appuie sur un parc de 800 cartes grises pour réaliser un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros. Nous sommes situés essentiellement au nord de la région parisienne et dans l’ex-Picardie. Transporteur généraliste, nous proposons une offre globale à nos clients à travers quatre grandes activités : la distribution de messagerie dans notre zone avec expéditions à l’international, la location de véhicules industriels avec conducteurs, le transport à la demande en général cargo et enfin des prestations logistiques avec 20 000 m2 d’entrepôts. 

TI : Quelle est l’évolution de vos activités dans le contexte de crise actuel ?

J-S P : Pour notre dernier exercice impacté par le Covid, le chiffre d’affaires devrait reculer de 10%. Ce sont les activités de messagerie et de transport à la demande qui ont le plus baissé. Durant cette période, nous avons massivement recouru au chômage partiel alors que nous ne l’avions jamais utilisé dans l’histoire de l’entreprise. Pour qualifier le contexte actuel, je dirais que nous avons encore moins de visibilité que d’habitude. Nos clients ne savent pas eux-mêmes prévoir leurs volumes dans les mois qui viennent.

Dans l’ensemble de notre portefeuille, à part quelques projets dans le bâtiment, je ne vois pas pour l’heure, un secteur qui pourrait tirer son épingle du jeu. Nous avons aussi été contraints de stopper le travail de nos écoles de formation visant à recruter et former des conducteurs. Compte tenu de la baisse d’activité qui est encore bien présente, outre le gel de la politique de recrutement, nous sommes très prudents quant à nos investissements. 

T.I : Comment appréhendez-vous la transition écologique ?

J-S P : Nous faisons en sorte de conseiller nos clients pour trouver des solutions alternatives au diesel. Dans la mesure où nous opérons beaucoup sur Paris et la région parisienne, nous avons souhaité tester de nouvelles technologies. Depuis trois ans, nous avons déjà mis en place trois véhicules au gaz pour la grande distribution. Aujourd’hui, nous expérimentons, avec notre client Cercle vert, une solution 100% électrique avec un porteur Renault Trucks D Z.E de 16 t pour effectuer une tournée de distribution dans Paris. Nous restons très dépendants des constructeurs en termes de nouvelles technologies et de nouveaux carburants.

Malgré l’annonce gouvernementale en fin d’année sur les 50 000 euros de bonus, nous n’avons pas le sentiment d’être accompagnés à hauteur des efforts que nous devons consentir dans notre secteur. La problématique du véhicule électrique aujourd’hui, ce n’est pas tant l’autonomie que le nombre de bornes de recharge encore insuffisant. Il reste une véritable politique à mettre en œuvre pour que les camions électriques représentent une alternative viable. De mon côté, je remarque qu’une grande majorité de nos clients se sentent concernés par cette question et sont prêts à mettre la main à la poche pour la mise en place de solutions plus vertueuses. 

TI : Comment se profile l’activité en 2021 pour vous ?

J-S P : Nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences de la baisse d’activité en 2020. Je prévois une diminution de notre chiffre d’affaires de l’ordre de -4 à -5 %. Beaucoup de sociétés vont souffrir, déposer le bilan. Pour autant, nous conservons le même cap en démarrant le projet baptisé Prévoté 2023 que l’on vient de mettre en place en janvier. Celui-ci repose sur la constitution d’une équipe de direction en vue de moderniser, dynamiser la partie commerciale, accélérer notre développement sur la logistique, la location et l’affrètement. Malgré cet épisode de crise, nous déployons notre stratégie telle que nous l’avons prévue et nous continuons d’avancer. 

Propos recueillis par Arnaud Ilié 

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